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Tout vient à point à qui sait attendre
Synthèse des
conditions climatiques
et de l'évolution physiologique du millésime 2006
L'hiver joue les prolongations
Il faut attendre la première décade de mars, pour retrouver des
températures de saison. A contrario, le printemps présente des
températures en moyenne supérieures aux normales saisonnières. Ce
phénomène ne cesse de s'amplifier en début d'été, où des records de
chaleur sont atteints au cours du mois de juillet, sans toutefois égaler
ceux de 2003. Le mois d'août est maussade et frais et il faudra attendre
les premiers jours de septembre pour que les températures remontent et
dépassent même les normales. Les mois de septembre et octobre sont
relativement doux.
Les précipitations mensuelles moyennes sont excédentaires par rapport
à la normale, hormis pour les mois de janvier, juin, juillet et
septembre où elles sont déficitaires. Les mois de mars et août sont les
plus arrosés, avec des précipitations parfois doubles par rapport à la
normale. Une des caractéristiques de 2006 est l'inégalité de répartition
des précipitations entre les trois départements bourguignons.
Le cumul d'insolation pour la période de janvier à octobre sur la
Bourgogne est très légèrement inférieur à la normale. Seul le
département de Saône & Loire présente un cumul légèrement supérieur (+ 3
%). Les deux autres départements présentent des cumuls inférieurs,
respectivement - 2 % pour la Côte d'Or et - 3 % pour l'Yonne. Le déficit
d'insolation est dû aux mois de mai, août et, dans une moindre mesure,
février.
Un débourrement attendu
Après un hiver long et rigoureux, le début de l'année 2006 persiste dans
la fraîcheur jusqu'à la mi-mars. Ce n'est qu'à partir du 19 mars qu'un
net réchauffement est observé, avec parfois des températures supérieures
aux normales saisonnières. Le début du mois d'avril s'avère toutefois
relativement frais et ne favorise pas une reprise rapide de la
végétation. Les toutes premières pointes vertes sont observées vers le
11 avril, en situations précoces sur Chardonnay dans le Mâconnais et la
Côte de Beaune. Ce temps frais perdure jusqu'au 19 avril, ralentissant
notablement l'évolution de la végétation. Il faut attendre le 18 avril
pour observer quelques pointes vertes sur Pinot Noir dans les trois
départements. Les conditions exceptionnelles du week-end des 22 et 23
avril vont provoquer un débourrement explosif, tous secteurs et cépages
confondus. Ainsi, le stade "50 % de pointes vertes" est atteint le 23
avril pour le Pinot Noir dans les trois départements. Concernant le
Chardonnay, ce stade est observé au 19 avril en Côte de Beaune et le 15
avril en Mâconnais. Le Gamay dans le Mâconnais, quant à lui se situe au
17 Avril. Pour le Pinot noir, une comparaison peut être faite avec le
millésime 2000 en termes de dates. Pour les autres cépages, les dates de
mi-débourrement sont proches de celles de 2004.
Une floraison rapide et homogène
Après un mois de mai chaotique et un début de mois de juin assez
frais, les températures remontent très nettement à la fin de la première
décade, provoquant une pousse rapide de la végétation. Les toutes
premières fleurs sont observées le 7 juin, sur Chardonnay en Côte de
Beaune, sur les parcelles du réseau de référence du BIVB. La persistance
de conditions climatiques quasi estivales entraînent une floraison
rapide et homogène. Ainsi les dates estimées de mi-floraison sont assez
proches, à quelques jours près, de celles observées en 2004.
Les premières observations, réalisées sur le réseau de parcelles de
référence du BIVB, laissent apparaître une importante sortie de grappes.
En effet, les inflorescences déjà présentes sont nombreuses (en moyenne
2 par rameau) mais surtout leur taille et leur structure sont
imposantes. Ceci est observé aussi bien sur Chardonnay que sur Pinot
Noir. Ce même phénomène avait déjà été observé en 2004, conduisant à une
récolte plus que généreuse et des conditions de maturation parfois
difficiles. (Dates moyennes estimées de mi-floraison -50 % de fleurs
ouvertes)
Conclusions
Si la reprise du cycle végétatif s'est fait un peu attendre, les
conditions climatiques clémentes du printemps en ont accéléré le rythme.
Jusqu'en juillet, la crainte d'une précocité particulière du millésime
était palpable. Mais le mois d'août, avec sa relative fraîcheur et ses
abondantes précipitations, a fait redouter le pire. Le retour à des
conditions météorologiques quasi estivales en septembre a permis de
parachever une maturité de bonne qualité. Néanmoins, août aura quand
même laissé des traces sur son passage, en favorisant notamment
l'installation de Botrytis. Le volume de récolte du millésime 2006 sera
vraisemblablement inférieur à celui estimé au cours du mois de juillet,
en raison du tri parfois sévère réalisé afin de préserver la qualité des
vins, notamment dans le cas des cépages rouges. Le mois d'août aura
également affecté la synthèse des composés phénoliques. Si les teneurs
en anthocyanes étaient voisines de celles observées en 2004, les teneurs
en tanins étaient élevées, nécessitant d'attendre qu'elles diminuent.
La date de récolte aura été, une fois de plus, un judicieux compromis
entre une maturité technologique acquise et la recherche d'une bonne
maturité des tanins, tout en préservant la qualité de la vendange par
rapport à Botrytis, vérifiant ainsi l'adage bien connu : "Tout vient à
point à qui sait attendre"
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